Du 29 au 30 mars 2022

Après encore un long voyage en bus mais dans des conditions confortables, j’arrive en début de soirée à Saïgon qui a été renommée Ho Chi Minh ville après la réunification. J’arpente la rue dénommée « Walking street » avec mon sac sur le dos pour rejoindre mon auberge, c’est une zone entièrement dédiée pour le divertissement des touristes avec des restaurants et des bars collés les uns aux autres qui diffusent chacun de la musique à tue-tête, de jeunes danseuses sur des tables tentent d’attirer les passants et de nombreux rabatteurs cherchent à vous faire assoir à leur terrasse pour profiter du spectacle. Il y a des néons de toutes les couleurs, des enseignes illuminées, des écrans géant diffusant de la publicité, c’est bruyant et sans charme, bref je n’y reste pas longtemps.

Le lendemain matin, je me promène en ville en tâchant de passer par des parcs car il fait déjà très chaud. Je découvre un couple de quinquagénaires vietnamiens qui s’échangent à la main ou au pied une sorte de volant en forme de ressort avec des plumes à l’arrière. Je m’arrête pour les observer par curiosité et ils me font signe de la main de les rejoindre puis d’autres passants se joignent à nous et nous formons un cercle pour nous échanger le volant. Après renseignements sur internet, il s’agit d’un jeu traditionnel vietnamien datant du XIIIème siècle et qui s’appelle le Da Câu.

Initiation au Da Câu

Puis, je me rends au musée de la guerre qui est un grand complexe carré avec plusieurs niveaux. Il est bien documenté avec beaucoup de photos pour mieux se rendre compte de l’atrocité de cette guerre pour les militaires et surtout les civils. Il y eu des bombardements massifs par les américains et notamment en utilisant l’agent orange dans le but de faire disparaitre la végétation afin de couper les vivres et réduire les cachettes pour le Viet Cong (armée de libération du sud) mais les effets furent effroyables sur les humains avec des répercussions sur plusieurs générations à cause de malformations génétiques.

Il y a également une reconstitution d’une prison avec des « cages de tigres » très étroites et recouvertes de barbelés où étaient entassés certains prisonniers vietnamiens qui étaient exposés en plein air au soleil et au froid. J’en avais déjà entendu parler dans un musée à Hanoï mais de voir une reconstitution on se rend compte davantage de l’horreur de ces conditions de détention.

A la fin de la visite, une exposition présente les bombardements massifs américains du nord Vietnam et particulièrement de Hanoï au mois de décembre 1972 qui était une sorte de coup de poker pour affaiblir le nord Vietnam alors que des pourparlers étaient prévus juste après. Finalement, le nord Vietnam résista et parvint même à abattre des bombardiers américains malgré tout leur déploiement d’équipements massifs et modernes et cela devint finalement un échec de l’armée américaine qui renforça la position du Vietnam du nord et entérina le départ progressif des militaires américains lors des accords de paix en 1973. Les vietnamiens appellent cette bataille le « Diên Biên Phu des airs » car, même si ce ne fut pas réellement une défaite des américains, ce fut tout de même un échec compte tenu des objectifs fixés et le résultat fut similaire : le départ des troupes du Vietnam.

Il n’y a pas que la guerre à Ho Chi Minh ville, je découvre également un marché où il y a une présentation de plusieurs types de baguettes et de pâtisseries qui me font très envie et je passe ensuite par la « rue des livres » avec ses étals de bouquinistes.

Je découvre également plusieurs anciens bâtiments à l’architecture française qui sont bien entretenus, finalement la ville de Ho Chi Minh n’est pas si désagréable à visiter, je m’attendais à ce que ce soit davantage bruyant et très moderne.

Le soir, je m’offre un verre sur le toit d’un immeuble avec une belle vue sur les gratte-ciels illuminés. C’est bientôt la fin de mon voyage au Vietnam et je tâche de me régaler au maximum de la « street food » vietnamienne qui me plait beaucoup, il y a du choix à Ho Chi Minh et je suis fier de moi quand un client du restaurant que j’avais choisi me dit que c’est l’un des meilleurs restaurants de la ville.

Je termine par une balade digestive le long d’une grande avenue qui était auparavant un canal qui a été ensuite comblé par les français, il y a notamment un opéra et un bâtiment ressemblant à l’hôtel de ville dans le style du Paris Haussmannien. Cette avenue piétonne est très fréquentée, il y a plusieurs groupes qui font du karaoké, des propriétaires de caniches et de roquets qui amènent leur toutou coiffé et parfois même habillé pour rencontrer leurs congénères et, bien entendu, il y a de nombreux stands de nourriture.