16/02/2023 : Bistari bistari (doucement doucement)

Départ : Upper pisang 3300m

Arrivée : Manang 3540m

Dénivelé + : 600m

Distance : 20km

Marche : 7h

Ce matin, je me suis levé tôt pour admirer la vue sur la face nord de l’Annapurna 2 au lever du soleil avec un croissant de lune. Je ne me lasse pas de le regarder inlassablement et je me demande par quel itinéraire on peut accéder au sommet, tellement cette montagne m’apparait comme une forteresse invincible. Ensuite, je me suis couché dans mon lit tout en pouvant l’observer depuis la fenêtre, c’est magique.

L’Annapurna 2 au lever du jour

Après le petit-déjeuner, nous retournons au temple bouddhiste sur les hauteurs du village afin d’admirer la vue et nous faisons quelques photos de groupe en souvenir. De jeunes branches de sapins sont brûlées tôt le matin pour diffuser de bonnes odeurs comme de l’encens. Le village d’Upper Pisang est très beau avec ses maisons traditionnelles en pierres et nous n’oublions pas de passer sur la gauche des chörtens tout en faisant tourner les rouleaux de prières.

La lumière est très belle en ce début de matinée et elle met en valeur les couleurs et les formes des arbres et des roches. Nous croisons des yaks et des naks (la femelle du yak) sur un chemin en hauteur passant au milieu de sapins d’où nous pouvons marcher tout en admirant l’Annapurna 2 qui nous toise majestueusement du haut de ses 7937m.

Dawa connaît très bien la faune et la flore et il nous montre les différentes plantes, fleurs et céréales tout au long du parcours ainsi que les animaux qu’il repère au loin grâce à son regard aiguisé.

Nous montons jusqu’à 3730m au village de Ghyaru d’où nous pouvons désormais observer l’Annapurna 4 dont le sommet atteint 7525m ainsi que le Lamjung Himal tout a gauche, c’est pour le moment la plus belle vue depuis le début de notre parcours.

Ensuite, l’itinéraire suit un chemin relativement plat à flanc de montagnes et complètement dégagé ce qui nous permet d’admirer en continue la vue sur ces montagnes, c’est merveilleux. Depuis notre arrivée à Upper Pisang nous croisons davantage de randonneurs, notamment quelques groupes de coréens et d’américains ainsi que deux hollandaises accompagnées de leur guide que nous reverrons plusieurs fois sur le parcours.

Photo panoramique prise depuis le chemin de randonnée après le village de Ghyaru, j’espère que vous reconnaissez désormais l’Annapurna 2!

Les contrastes de couleurs entre le blanc de la neige et le vert de la végétation est magnifique, nous n’arrêtons pas de prendre des photos avec Bertrand, encore maintenant en les revoyant pour écrire cet article je reste subjugué.

En admirant devant ces reliefs et couleurs variés

Puis, nous découvrons un paysage un peu plus aride avec des roches grises en formes de cheminées de fées comme en Cappadoce, les paysages varient mais demeurent saisissants. Nous apercevons désormais tout au fond sur la droite le pic du mont Tilicho enneigé qui nous fait toujours rêver. D’ailleurs, nous avons repris espoir depuis que Dawa nous a indiqué la veille qu’il y avait peut-être une chance que le camp de base soit désormais ouvert, nous devrions avoir la confirmation à notre arrivée ce soir au village de Manang. L’Annapurna 3 avec ses 7555m est également visible à la droite de l’Annapurna 4, on commence un peu à s’y perdre avec Bertrand à force d’observer ces commets sous tous les angles de vue.

Si je me souviens bien, on voit l’Annapurna 4 puis juste à côté l’Annapurna 3 et au bout de la chaîne sur la droite le mont Tilicho

Nous nous installons dans un sympathique restaurant avec une vue panoramique à l’entrée du village de Ngawal et nous sommes rapidement rejoints par les groupes de coréens, américains et hollandais que nous avons croisé plus tôt dans la journée. Cela nous donne une idée de l’affluence pendant la saison touristique, apparemment en mars et avril et surtout de septembre à novembre.

Nous entamons la descente en direction de Manang et nous pouvons voir sur le chemin la minuscule piste de l’aérodrome de Humde coincée entre deux massifs montagneux et qui n’est désormais plus utilisée. Des aigles aux envergures immenses nous survolent en prenant des courants d’air chauds ascendants.

Sur la fin du parcours, nous suivons une route rectiligne sur un plateau aride avec de jeunes pousses de sapins, le soleil tape fort et le paysage est moins idyllique sur cette route monotone, plate et poussiéreuse qui est bordée d’un côté par une ligne électrique. On commence à avoir hâte d’arriver, surtout que l’on voit des panneaux indiquant le village de Manang depuis le début de notre trek donc nous sommes curieux de voir à quoi il ressemble.

Malgré tout, nous faisons quand même un léger détour pour visiter un temple bouddhiste en haut d’une colline avec une vue magnifique sur la chaîne de montagnes, cela doit aider à la méditation. Un troupeau de yaks broutent en face dans une prairie aride.

Ça y est, nous arrivons enfin à Manang, nous avons les épaules et le cou endoloris par le poids de notre sac après cette succession de jours de randonnée assez soutenus mais nous sommes heureux et fiers car nous avons déjà gagné deux jours sur l’itinéraire et surtout, la très bonne nouvelle, c’est que le camp de base du lac Tilicho est ouvert : youpi ! Donc on pourra faire ce détour qui nous faisait envie depuis le début et sans ajouter de jours supplémentaires, c’est parfait.

Notre chambre nous offre une nouvelle fois une très belle vue sur les montagnes et j’en profite pour faire une séance d’étirements sur la terrasse extérieur devant ce panorama magnifique puis je fais une lessive au savon de mes caleçons et chaussettes que je ferai sécher le lendemain sur mon sac à dos en marchant : technique testée et approuvée !

Le soir, nous discutons dans le salon autour du poêle avec d’autres trekkeurs qui font la randonnée avec ou sans guides, deux suisses et deux américains. Ils ont chacun une histoire différente et la plupart voyagent comme moi pendant plusieurs mois.