Jour 13 (30/09/2022)
Le passage de la frontière bulgare se fait sans problème comme pour les précédents, la route est agréable dans la campagne avant de rejoindre un haut plateau où l’on aperçoit des montagnes au loin. Certains arbres ont déjà les couleurs de l’automne avec des feuilles colorées d’un jaune vif qui illuminent le regard. Je croise quelques charrettes tractées par un cheval et la route est parfois en mauvais état avec notamment sur mon parcours un pneu qui a été placé pour boucher un trou béant en plein milieu de la chaussée mais que j’évite assez facilement car c’est en traversant un village à faible allure.

Peu de temps après ma pause déjeuner, je remarque un motard avec des valises qui s’est arrêté sur une aire de stationnement au bord de la route pour admirer la belle vue en hauteur sur la capitale Sofia. Je décide de m’arrêter afin de lui parler et j’aperçois qu’il a une plaque française : ce sera d’autant plus facile ! Son nom est Sylvain, il est parti de France avec une HONDA CB600 depuis plusieurs semaines en passant par la Scandinavie puis les pays baltiques, la Pologne et il traverse en ce moment la Bulgarie dans le but de rejoindre la Grèce et de finir sa boucle en longeant la côte. Sylvain a 23 ans mais déjà beaucoup d’expérience de voyages en itinérance à moto, en stop ou en van aménagé et il a profité d’une fin de mission pour faire ce voyage et réfléchir à ce qu’il voudrait faire pour la suite. Il alterne le camping sauvage, les auberges de jeunesse et parfois les hôtels suivant la situation. Sylvain arrive à trouver de beaux endroits pour camper grâce notamment à un site internet qui répertorie ces bons plans avec la contribution de ses utilisateurs. Cela me donne envie d’essayer mais c’est un peu tard car j’ai bientôt fini mon trajet à moto et je ne pensais pas camper ensuite pour éviter d’avoir à porter la tente et à cause du froid qui arrive, on verra bien.

Nos expériences de voyages nous rapprochent et, naturellement, on se met d’accord pour se suivre sur la route jusqu’à Sofia afin de boire un verre et discuter davantage tout en se rafraîchissant car le thermomètre affiche 28 degrés ! Finalement Sylvain décide de réserver un hébergement à Sofia pour le soir et on se donne rendez-vous pour dîner ensemble. J’avais réservé un hôtel encore éloigné du centre en pensant qu’il y aurait un parking privé car je voulais minimiser les risques de vols mais j’ai eu tort car j’ai croisé de nombreux motards qui garent leur moto en centre-ville sans problème et finalement mon hôtel n’avait pas de parking privé, c’était un simple espace vague à proximité avec un faible éclairage et dans une zone peu fréquentée donc encore plus risqué qu’en ville.
Bref, je prends le tramway pour rejoindre le centre à la tombée de la nuit et je découvre de grandes et belles églises orthodoxes ainsi que d’anciens bâtiments officiels bien entretenus et bien éclairés le soir. Il y a également une large et longue avenue entièrement piétonne et très fréquentée avec vue sur la montagne, cela me rappelle Grenoble. On se retrouve avec Sylvain et nous zigzaguons dans les petites rues perpendiculaires à la voie principale afin de trouver un restaurant servant des plats locaux dans un cadre agréable. La ville de Sofia n’en manque pas avec des terrasses souvent cachées des passants auxquelles on accède par un petit couloir à ciel ouvert. Nous finissons par en trouver un qui répond à nos critères et nous nous mettons à table en commandant des entrées à partager sous formes de boulettes de fromages ou aux piments et un grand plat constitué d’un pain garni de boulettes de viandes, saucisses et de keftas baignant dans une espèce de sauce barbecue, le tout accompagné de frites et avec un vin rouge de Bulgarie qui n’est pas mauvais. La serveuse nous met en garde que les entrées sont épicées et que le plat est très copieux, ce qui a pour effet de nous donner encore plus envie d’y goûter, nous avons visiblement le même penchant pour la gourmandise et le défi culinaire avec Sylvain. Finalement, la serveuse avait raison et je repars avec mes restes pour les finir lors d’une prochaine pause déjeuner sur la route.

Dîner gargantuesque à Sofia
Nous ressortons du restaurant le ventre lourd mais satisfaits et nous partons à la recherche cette fois-ci d’un bar pour prendre un dernier verre. Nous découvrons un bar situé au premier étage d’un immeuble qui accueille un groupe de musique, la porte d’accès n’est pas facile à trouver car il faut passer par la cage d’escalier d’un immeuble, j’espère que les voisins travaillent dans le bar ou que ce sont des bureaux fermés la nuit car sinon les réunions de copropriétaires doivent être agitées… L’ambiance est très conviviale et on se sépare avec Sylvain après avoir trinqué une dernière fois. Par contre, c’est plus compliqué ensuite pour moi car il n’y a plus de transports en commun pour rejoindre mon hôtel qui est à une heure de marche et je ne suis pas très motivé pour faire le trajet à pied. Finalement je prends un taxi en pensant que ce ne sera pas très cher car le coût de la vie en Bulgarie est bien plus bas qu’en France mais les taxis sont en tarif de nuit et je vois le compteur qui s’incrémente à toute vitesse, confirmant définitivement que j’ai fait un mauvais choix de logement, je m’en souviendrai pour les prochaines fois.
Jour 14 (01/10/2022)
Le matin, j’ai rendez-vous dans le centre de Sofia avec Lilyana, l’épouse de mon cousin Louis et originaire de Bulgarie, qui passe quelques jours dans la capitale avec sa famille. Je prends le tramway qui a un système très pratique pour payer le trajet directement avec sa carte bancaire sans impression de ticket et le contrôleur peut vérifier le paiement directement sur la carte. Je profite d’être en avance pour me promener dans la ville en direction de notre lieu de rendez-vous. Les rues de Sofia sont aérées avec des rangées d’arbres de chaque côté et la vue sur les montagnes que l’on aperçoit à de nombreux coins de rues donnent un air de rafraichissement.
On se retrouve avec Lilyana et nous déambulons dans les rues principales en visitant l’intérieur des nombreuses églises orthodoxes qui se trouvent sur le chemin. Il y a également les vestiges d’une ancienne cité romaine découverts lors de travaux pour agrandir une ligne de métro et qui sont accessibles à tous les passants soit en étant protégés par une verrière ou bien tout simplement à l’air libre où l’on peut s’y promener en imaginant la vie des occupants à l’époque. Au milieu de ces ruines se dresse une petite église médiévale en pierre, visiblement la Bulgarie est un pays chargé d’Histoire.
Lilyana me fait découvrir les spécialités locales pour le petit déjeuner avec des pâtisseries salées qui sont très proches des burecks et pitas mais que l’on appelle autrement ici et aussi une boisson sucrée dénommée Boza, qui est à base de céréales mais qui emporte moins mon enthousiasme. On se quitte sur les coups de midi car Lilyana a peu de temps à passer avec sa famille mais elle me donne de nombreux noms de plats typiques et de bonnes adresses à tester, on se reverra à mon retour !

Je continue de me balader dans les grands parcs en périphérie du centre puis je prends une salade Shopska constituée de concombres, tomates, fromage et oignons pour équilibrer avec le copieux dîner de la veille. Puis je rentre à mon hôtel faire une sieste, lire et alimenter mon blog qui trouve un certain intérêt auprès de mes proches pour mon plus grand plaisir.
Je reviens en fin de journée dans le centre avec ma moto cette fois-ci pour éviter une grosse dépense en taxi et je reparcours les rues de la capitale qui me sont désormais plus familières. Puis je dine en essayant une soupe froide à base de concombre et un plat de pommes de terre puis je rentre sagement me coucher après une nouvelle session de blog.

Jour 15 (02/10/2022)
Je quitte mon hébergement dans la matinée pour rejoindre le camp de motards qui sera ma dernière étape à moto du voyage. Je décide de faire un léger détour pour passer un col à travers des montagnes et la route est très appréciable avec de beaux points de vue sur la vallée et les sommets environnants ainsi que les couleurs d’automne des arbres toujours aussi resplendissants. Je croise de nombreuses personnes qui ramassent des noix mûres tombées au sol et qu’ils chargent dans de grands sacs portés sur leur dos.
Cependant, il y a un vent très fort qui souffle et manque de peu de me déséquilibrer lorsque je fais une pause sur les hauteurs pour prendre des photos. Une fois arrivé au col de Troie à 1500 mètres, on peut rejoindre assez facilement à pied ou même en véhicule un sommet qui culmine à 1600 mètres d’altitude et sur lequel une arche célèbre la libération du pays en 1944 (photo de couverture de l’article). Je fais ma pause déjeuner avec les restes du dîner copieux à Sofia que je partage avec une chienne errante et maigrichonne qui me fait les yeux doux.

Lors de la redescente du col, je profite de ces derniers moments avec ma moto en prenant mon temps pour passer les virages, regarder le paysage et en faisant une sieste dans un champ à l’abri du soleil grâce à l’ombre protectrice de mon fidèle deux roues.
Puis je rejoins le fameux camp de motards « Moto camp Bulgaria » où je vais laisser ma chère moto pour plusieurs mois et continuer en transports en commun. A mon arrivée, je suis accueilli par un petit groupe de motards déjà sur place tandis que le propriétaire s’est absenté.
Tout d’abord je rencontre Noel qui est irlandais, il approche de la cinquantaine et il a visiblement l’habitude de séjourner dans ce camp car c’est lui qui me fait visiter et m’explique les quelques règles comme par exemple il y a des boissons et de la nourriture à disposition dans une cuisine accessible à tous, on peut se servir soi-même et il suffit de le noter dans un carnet pour faire le compte à la fin. C’est entièrement basé sur la confiance et dès le début j’ai ressenti une ambiance de convivialité et de solidarité au sein de ce camp, une certaine camaraderie entre motards voyageurs que j’avais déjà observée lors d’un rassemblement de motards en hiver avec mon père sur le plateau des Millevaches.
Je fais également la connaissance de Daniel et Ana, un couple d’allemands, la trentaine, et qui voyagent avec chacun leur moto, des grosses cylindrées allemandes en trail qui leur permettent de passer par des pistes quand c’est possible. Daniel est jardinier paysagiste et Ana travaillait en tant qu’ingénieure dans une société qui fournit des équipements médicaux comme les pacemakers. Tous les deux ont démissionné et vendu leur logement juste avant le covid, ils ont voyagé en Europe puis ils ont fait récemment la Turquie et l’Iran mais sont revenus à cause de soucis mécaniques et des difficultés à passer la frontière au Pakistan en raison des inondations. A présent, ils comptent prendre un avion pour Bangkok et voyager en Asie. Daniel me met le doute dans mes objectifs de voyage en me racontant des récits de motards actuellement bloqués en Iran au niveau du passage de frontière avec le Pakistan en raison des troubles dans cette région mais je préfère pour le moment attendre et me renseigner avant de décider, la situation pouvant évoluer.
Puis il y a Patrick, trentenaire allemand également, il travaillait dans une start-up et il avait obtenu des parts dont la valeur avait fortement augmenté et Patrick avait décidé de les vendre pour se financer un voyage d’au moins cinq ans d’après ses estimations. Pour le moment, il voyage en Europe mais il compte aller plus tard en Turquie, en Iran, en Asie puis dans les Amériques.
Enfin, le propriétaire dénommé Ivo, nous rejoint. Il est bulgare et c’est lui qui est à l’origine de ce camp créé il y a de nombreuses années et qui s’est développé progressivement jusqu’à acquérir une renommée internationale car il existe apparemment peu de camps de motards comme celui-ci.

Nous nous attablons pour continuer les discussions au sujet de nos voyages passés et futurs autour d’un verre et je prends conscience que mon expérience de voyages est pour le moment bien faible en comparaison de la leur donc je les écoute avec respect et intérêt. Il s’avère que Noel a vécu avec sa famille pendant onze ans sur un voilier et notamment plusieurs années en Indonésie où il a parcouru de nombreuses îles à moto, une Royal Enfield Himalayan. Par contre, nous n’évoquons pas beaucoup le bilan carbone de tous ces voyages et leurs alternatives possibles pour une empreinte plus faible, peut-être parce que les options actuelles ne permettraient pas la même autonomie (électrique) ni la même liberté de mouvement (transport en commun) ni d’aller aussi loin en si peu de temps et en évitant les zones à risque (pas d’avion). Mais nous n’en avons pas discuté donc ce ne sont là que mes simples hypothèses issues de ma réflexion sur ce sujet pour mon voyage. La nuit est fraiche avec un ciel dégagé où scintillent des nuées d’étoiles, je décide d’aller me coucher pour me lever tôt demain afin d’avoir le temps de préparer la suite de l’itinéraire.
Jour 16 (03/10/2022)
J’ai prévu une journée de repos au camp de motards pour prendre le temps de préparer mon sac à dos qui va être mon nouvel et un peu lourdaud compagnon de voyage. Je sais qu’il faut s’alléger au maximum mais pour le moment il m’est difficile de me séparer de certains objets ou vêtements qui me semblent tous être utiles en cas de besoin sur un voyage aussi long. Probablement le fait de porter le sac pendant plusieurs jours m’aidera à redéfinir mes critères de sélection !
En attendant, je passe la matinée à préparer la suite de mon itinéraire et notamment des billets de bus pour traverser le reste de la Bulgarie et rejoindre Istanbul. De toute façon il pleut dehors donc je n’ai pas de regrets à rester à l’intérieur dans un large salon cuisine aménagé au premier étage d’une grange en bois qui est décorée de cartes, photos, drapeaux et autres souvenirs des nombreux voyageurs qui sont passés par ce camp. Il y a même une statue de Lénine qui a été sauvegardée par Ivo, le propriétaire, lors de la chute du bloc de l’Est non pas par idéologie ou nostalgie mais plutôt pour garder une trace de ce pan de leur Histoire nationale. Et pour être définitivement accepté dans cet espace motards, Lénine a dû s’affubler d’un gilet jaune, d’un pin’s et d’anciennes lunettes de protection.

En début d’après-midi, je pars visiter avec Patrick la ville de Veliko Tarnovo qui fut il y a plusieurs siècles la capitale de la Bulgarie. On se balade à pied dans une enfilade de petites rues pavées situées à flanc de coteaux avec d’anciennes maisons bien conservées. Il y a également des mannequins sculptés en bois et colorés qui représentent des personnages de la vie d’autrefois dans leurs costumes traditionnels.
Nous déjeunons sur place puis nous passons à la station de bus pour que je m’achète un billet en direction de la ville de Bourgas qui se situe au bord de la Mer Noire pour un départ le lendemain.

Sur le chemin du retour, nous faisons des courses pour le dîner, la pluie du matin ayant décalé le départ de Ana et Daniel, ils ont proposé de faire ensemble des burgers le soir au camp avec Noel qui est resté également.
Une fois au camp, le soleil étant revenu je mets à sécher mes vêtements que j’ai lavés cette fois-ci à la machine et c’est bien mieux ainsi. Puis, avec le clan des 5 motards nous préparons les ingrédients des burgers dans le salon cuisine tout en prenant l’apéro et nous savourons ce moment ensemble avant que chacun reparte sur sa route le lendemain non sans nous être échangés auparavant nos contacts afin de suivre l’évolution de chacun.

Jour 17 (04/10/2022)
Fort heureusement, il n’a pas plu dans la nuit donc ce sera plus simple de faire sécher ma tente avant de la replier pour la stocker avec ma moto car elle est trop lourde à porter et je ne suis pas sûr de pouvoir faire facilement du camping dans les prochaines destinations avec l’hiver qui approche même si j’apprécie ce mode d’hébergement.
Je fais le tri dans mes affaires mais, comme déjà indiqué dans un paragraphe précédent, je ne suis pas trop sélectif préférant tester d’abord avant de trancher. Chaque motard s’en va tour à tour et nous nous souhaitons une bonne route. Je suis le dernier à partir avec Ivo qui m’emmène à la station de bus après avoir fait les comptes et préparer l’entreposage de ma moto. J’étais un peu ému en la quittant après ces deux semaines passées ensemble où elle m’avait vaillamment transporté avec mon paquetage sur de si belles routes, il était temps désormais qu’elle se repose et je la sais entre de bonnes mains et en compagnie d’autres deux roues qui y font également leur hivernage.

Je fais mon picnic à la station de bus où je suis à nouveau sollicité par des chiens errants maigrichons qui me regardent avec envie mais tout en gardant leur distance sagement. Un homme patientant également sur un banc dans l’attente de son bus me demande de garder un œil sur son sac tandis qu’il s’absente et nous échangeons ensuite quelques mots à son retour dans un mélange de bulgare, de russe et d’anglais en espérant trouver des mots ayant des consonances universelles ou alors en cas de difficultés on fait des mimes ou on montre des photos. Je comprends qu’il est carreleur et qu’il voyage dans plusieurs pays d’Europe pour faire son métier, il a une femme et deux filles. Il semble plutôt sceptique sur la politique économique de son pays à cause notamment de la corruption.
Mon bus pour Bourgas arrive, il s’agit en fait d’un minibus, dans l’ensemble confortable et les quatre heures de route se passent sans encombre avec une petite pause. J’arrive dans une gare routière en périphérie de la ville à la fin de la journée et j’en profite pour réserver mon billet de bus pour Istanbul le lendemain. C’est assez facile et il y a une large offre de services avec différents horaires, je m’assure que je puisse prendre le bus au départ d’une station plus proche du centre puis je me dirige à pied vers mon hôtel. La station où nous nous sommes arrêtées est à une bonne trentaine de minutes de marche et cela me donne l’occasion de prendre réellement conscience du poids de mon sac à dos que je trouve bien lourd. Je commence à ressentir des douleurs dans le cou, j’ajuste mes attaches pour mieux répartir le poids du sac tout en espérant que mon corps et surtout mes muscles s’adapteront à ce nouveau mode de transport sinon je devrai me libérer de certains objets ou vêtements moins importants.

Je rejoins enfin mon hôtel dans le centre, il n’est pas cher mais bien sûr cela a un prix : le logement est vétuste et l’eau est froide mais au moins j’ai une chambre individuelle ainsi qu’une bonne connexion wifi et surtout je suis très proche du centre-ville et de la mer. Je profite des dernières lueurs du jour pour me promener en bord de plage puis je déambule sur une longue artère piétonne et commerçante à la recherche d’un restaurant pour manger un bon poisson grillé. Le centre-ville de Bourgas et le bord de mer est bien aménagé, on y circule facilement à pied et j’imagine que cette station balnéaire doit être très fréquentée l’été mais en ce milieu de semaine au début d’octobre c’est calme, on doit être hors saison comme le chante si bien Cabrel.
Je rentre à mon hôtel assez tôt pour continuer mon blog et je mets mon réveil tôt le matin dans le but de profiter encore de la mer avant de prendre mon bus à midi.
Jour 18 (05/10/2022)
Réveil sans trop de difficultés après une bonne nuit et j’ai hâte de revoir les rivages de la Mer Noire de jour avec le soleil après m’y être promené au crépuscule la veille. J’ai repéré une zone de plage avec des douches extérieurs à proximité donc je décide d’y retourner. Il ne fait pas encore très chaud mais le ciel est bien dégagé et il n’y a pas trop de vent donc je me décide à tenter la baignade. Les premiers pas dans l’eau froide me réveillent définitivement, la pente est faible donc cela permet d’immerger mon corps progressivement pour qu’il s’habitue à la température. Je m’apprête à plonger ma tête lorsque j’aperçois une grosse méduse à proximité et cela me contrarie dans mes envies de natation. Je regarde donc autour de moi à la surface de l’eau avec plus d’attention s’il n’y a pas d’autres de ses congénères puis je me lance en ouvrant les yeux dans l’eau salée afin d’éviter une mauvaise rencontre. Finalement la température de l’eau est supportable après quelques brassées et cela me rappelle mes fréquentes baignades dans des lacs en Bavière et en Autriche.

Les douches extérieures sur la plage fonctionnent et me permettent de retirer le sel avant de m’essuyer et de me sécher au soleil puis je retourne dans la grande rue commerçante pour faire quelques courses et prendre mon petit déjeuner. Ensuite, je retourne chercher mon sac à l’hôtel et j’attends mon bus à la station. Il s’agit cette fois-ci d’un grand bus d’une compagnie turque et je retrouve la qualité de service que j’avais découverte lors d’un précédent voyage en Turquie il y a 14 ans. Le personnel fonctionne en binôme alternant à tour de rôle la conduite et le service de boissons ou sucreries.
Lors de ce deuxième voyage en bus, je commence à réfléchir aux avantages et inconvénients en comparaison avec le voyage à moto mais ce n’est que le début de mon voyage en bus donc mes impressions seront probablement complétées ou modifiées au cours du temps.
Tout d’abord, le voyage en bus est évidemment moins cher et aussi moins polluant qu’à moto ce qui est non négligeable. Il permet également de pouvoir se reposer, éventuellement lire ou écrire si la route le permet ou consulter ses messages et préparer la suite du voyage. Cependant, c’est un mode de transport passif mis à part la recherche des trajets et la réservation. Ensuite, j’éprouve un peu de frustration en passant par une belle route car même si on peut apprécier le paysage avec les larges vitres, cela ne remplace pas le plaisir de la vue panoramique sur la moto avec une simple visière qui vous sépare de l’extérieur. Sur un deux roues on peut également s’arrêter quand on le souhaite pour prendre des photos, se balader ou même changer d’itinéraire si une route ou un lieu identifié vaut le détour. Par contre, le bus permet de faire de plus long trajet en déléguant la fatigue de la conduite aux valeureux chauffeurs et je m’évite également d’avoir à gérer des réparations de ma moto qui arriveraient forcément sur un long voyage et qui seraient difficiles à effectuer dans les pays que je compte traverser.
Je mets en suspens cette analyse comparative lorsque nous arrivons à la frontière turque.
La suite au prochain épisode !
Je profite d’un trajet en train pour rattraper mon retard et lire tes articles. C’est super et très dépaysant. J’espère que Lilyana fut bonne guide ! Bonne route !
Merci Louis, ça fait plaisir!
Oui Lilyana a été une guide parfaite de Sofia 😉
A la prochaine!
Les méduses de la Mer Noire, mon pire cauchemar chaque été!!
Ce fut un plaisir de te retrouver à Sofia pour partager une toute petite partie de cette incroyable expérience que tu vis. Continue de profiter à fond et de nous faire rêver!
Ah ah, d’accord donc ce n’était pas une rencontre si exceptionnelle 😉
Mais sinon l’eau était bonne 🙂