Jour 131 (26/01/2023)
A nouveau, je me lève aux aurores pour prendre un train mais, cette fois avec grand plaisir de quitter cette auberge sordide à Lucknow. Finalement, j’ai quand même réussi à dormir donc je ne suis pas trop fatigué. Après vérification la veille au soir sur un site internet que m’avait indiqué le personnel de la gare, il apparaissait que j’avais un siège réservé et cela m’a été confirmé au guichet de la gare, je suis soulagé.
Comme à Agra, plusieurs passants traversent les voies à pied avec leurs bagages et leurs enfants, c’est effarant. Le trajet en train se passe plutôt bien même si on a quand même une bonne heure de retard, mon siège est confortable et j’ai de la place. Pour les paysages, rien de nouveau à l’horizon.


A mon arrivée à la gare de Varanasi en début d’après-midi, je prends un tuktuk pour m’emmener à mon auberge située dans le centre-ville de Varanasi, près du Gange. Je dois terminer à pied car les rues sont trop étroites pour les tuktuks, tant mieux pour le bruit! Sur le trajet en train et en tuktuk, j’ai remarqué régulièrement des drapeaux indiens flottant au vent devant des magasins, sur des bâtiments et sur quelques véhicules pour ce jour de fête nationale en l’honneur de l’instauration de la république indienne.
Je découvre enfin cette ville dont j’ai appris l’existence il y a seulement quelques mois en regardant des vidéos de voyageurs pour préparer mon itinéraire et les images m’avaient fortement impressionnées, j’avais hâte de la découvrir. C’est aussi l’occasion de me promener à pied le long du célèbre fleuve du Gange, dont l’image est inséparable de l’Inde, et il s’ajoute à la liste des grands fleuves que j’ai découvert lors de ce voyage: l’Euphrate, le Tigre puis l’Indus.
Le centre-ville de Varanasi s’étale le long du Gange et il y a des ghats permettant d’y accéder de manière continue, c’est très facile de s’y promener donc j’arpente ces grandes marches toute l’après-midi. L’eau du Gange est sombre mais cela n’empêche pas de nombreuses personnes de s’y baigner en robe pour ces dames et en caleçon pour ces messieurs. Les vêtements offrent une magnifique palette de couleurs qui égaient le paysage, je ne m’en lasse pas, il y a beaucoup de monde sur les ghats, c’est très vivant. Il y a aussi de nombreuses barques de différentes tailles qui sont utilisées pour faire des promenades sur le fleuve et aussi rejoindre la rive opposée qui est ensablée et où les gens peuvent se promener à pied ou à dos de dromadaires. Parfois, il y a des embarcations avec une vingtaine de personnes dont seulement un rameur, j’ai bien de la peine pour lui mais les passagers ne semblent pas s’en étonner.

On peut circuler à pied avec les chaussures tout le long des ghats et, cette fois-ci, je suis peu sollicité par rapport à Pushkar donc je trouve que c’est plus agréable, on peut s’assoir ou prendre des photos en passant relativement inaperçu dans la foule. Il y a quand même des rabatteurs pour proposer des tours en bateau ou pour mettre de la peinture sur le front mais ce n’est pas trop dérangeant.
Puis, je rejoins un peu par hasard le Manikarnika ghat où sont incinérés en plein air suivant un rite hindou des corps de personnes décédées, j’avais été très impressionné par les images de ce lieu dans les vidéos de voyageurs.

Les corps sont portés sur des brancards en bambous en étant recouverts d’un drap et de couronnes de fleurs. Ils sont d’abord immergés dans les eaux du Gange puis, peu de temps après, ils sont placés sur un immense feu de bois pour y être consumés jusqu’à l’état de cendres. Il est de coutume que les proches y assistent jusqu’à ce que le feu soit éteint pour accompagner l’âme du défunt. Seuls les hommes y assistent et ils sont tenus de ne pas verser de larmes car cela pourrait porter malheur.

Il peut y avoir jusqu’à trois cents corps consumés en une journée, je compte une vingtaine d’emplacements en plein air pour brûler les corps qui sont répartis par castes et il y a aussi des emplacements dans un temple au niveau supérieur pour la caste des brahmanes, qui est la plus haute caste en Inde. Des vaches se promènent en toute liberté, broutent des couronnes de fleurs et se couchent au sol en se réchauffant près du feu. D’immenses fagots de bois sont entreposés, on m’a dit qu’il fallait presque une centaine de kilos de bois pour brûler entièrement un corps, ce qui est donc onéreux et des collectes sont organisées pour les plus pauvres.

Une nouvelle fois, je pense au chemin parcouru depuis Paris avec tous ces lieux que j’avais imaginés avant de partir ou que j’ai découverts sur place, cela a été à la hauteur de mes attentes, sinon plus!
Il fait bon même pendant la soirée, je m’assois sur des marches comme beaucoup de personnes qui s’installent pour discuter et regarder les feux du Manikarnika ghat ou les embarcations qui voguent sur le Gange, on ne s’ennuie pas ici, il y a toujours quelque chose à voir.

La nuit tombe, je retourne donc vers mon auberge en continuant de marcher sur les ghats au bord du Gange et je trouve une large foule au ghat Dashashwamedh où il semble qu’un évènement est attendu. En effet, je vois des sortes de plateaux sur lesquels sont disposées des fleurs ainsi qu’une table basse avec quelques objets. Deux personnes s’approchent en portant chacun d’immenses perches en bambous sur chacune desquelles est accroché un drapeau : celui de l’Inde et pour un autre de couleur orange safran qui est la couleur de l’hindouisme.


Puis, un speaker récite des prières au micro et on entend des cloches sonner, la foule a encore grossit et il y a même des bateaux qui viennent se placer au bord face à la scène.
Ensuite, des sortes de prêtres viennent se placer chacun sur un des plateaux et ils exécutent des mouvements de manière synchronisée en utilisant les différents objets sur la table, ils jouent de la flûte, ils allument des bâtons d’encens, ils sonnent une cloche puis brandissent une lampe sous forme de cobras qui est illuminée par des bougies. Les gens accompagnent la musique et les chants en tapant dans leurs mains mais il n’y a pas de chants collectifs, des clochettes sonnent en continue. Ensuite, les prêtres jettent des fleurs, agitent une plume de paon puis un plumeau.
Une sorte de prêtre ou gourou, je ne sais pas quelle est la bonne dénomination, est simplement habillé d’un drap qui lui couvre les jambes et le bassin, il a les cheveux et le torse blanchits comme s’il était recouvert de cendres. Il se déplace dans la foule avec un plateau sur lequel est placé une grande bougie et il y a de nombreuses personnes qui viennent lui faire une offrande pour recevoir une peinture sur le front.


Puis, la cérémonie se termine avec la foule qui lèvent les mains vers le ciel en criant « Jai ». Même si je ne comprends pas bien le sens de cette cérémonie, je ne me suis pas ennuyé car c’est tellement différent de ce que j’ai pu voir auparavant et je ne suis pas au bout de mes découvertes.
Un autre bien positif de la ville de Varanasi, c’est qu’il y a de nombreuses poubelles disposées le long des ghats ce qui limite les déchets au sol et heureusement car il y a beaucoup de monde. A ce propos, je me fais la réflexion qu’il y a une telle densité de population en Inde et au Pakistan que l’individu ne peut pas avoir autant de place qu’en Europe, c’est la masse qui domine et chacun n’est qu’une petite pierre dans l’édifice.
Je finis par rentrer à l’auberge après avoir dîné et j’ai une sympathique discussion sur le toit terrasse avec des voyageurs étrangers et des indiens. Je fais également la rencontre dans mon dortoir de Monique, une française retraitée de 68 ans qui vit à Carcassonne et qui voyage pendant plusieurs mois en Inde avant d’aller également au Népal. Nous discutons de nos vies et de nos voyages, elle m’apprend l’existence d’un haut lieu saint du bouddhisme où elle compte se rendre le lendemain, Bodhgaya, à environ deux cent cinquante kilomètres à l’est de Varanasi. C’est là que Bouddha a pris conscience des raisons de la souffrance et a trouvé comment la surmonter lors de son Eveil. Cela attise ma curiosité même si ce n’est pas sur la route directe vers le Népal, je prends donc les coordonnées de Monique pour avoir plus d’informations à son arrivée et pour prendre le temps de réfléchir.
Jour 132 (27/01/2023)
Ce matin, je n’ai pas mis de réveil car j’avais enchainé deux fois d’affilée des réveils très tôt. Je prends mon petit-déjeuner à des petits stands de nourriture et de fruits sur une place puis je rejoins les ghats pour découvrir l’ambiance matinale.
Il y a plusieurs groupes de pèlerins avec des tenues différentes, certains hommes ont le crâne rasé ou portent un chapeau blanc qui ressemble à un calot et qui a été popularisé par le premier président d’Inde, Nehru, . Cette ville est un concentré d’Inde traditionnelle et spirituelle et, bien entendu, des gens se baignent dans le Gange qui est sacré à leurs yeux et qui pourrait leur permettre de se laver de leurs péchés.

Plus loin, je croise un groupe d’hommes assis en tailleur, vêtus seulement d’un drap couvrant le bas du corps et d’une écharpe nouée autour de leur torse qui est couvert de peinture qu’il se sont apposés avec les mains. Ils ont chacun devant eux un plateau contenant une boule de pâte, des grains de riz, des épices, des bâtonnets d’encens, certains ont le crâne rasé et des photos de leurs proches. Ils sont face à un prêtre dont ils répètent les gestes et les paroles, parfois en se faisant sermonner comme des enfants s’ils se trompent. Apparemment ce serait une cérémonie pour rendre hommage aux défunts mais je n’en sais pas davantage.

Pendant mon cheminement, j’observe une tribu de singes escaladant des immeubles avec des techniques de grimpeurs confirmés, je suis toujours émerveillé par leur agilité et ils n’ont pas peur de s’élancer sur des parois offrant peu de prises avec le vide en dessous.
Sur des ghats moins fréquentés, il y a des travailleurs qui construisent ou réparent des barques en bois.


Enfin, je rejoins un ghat dénommé Assi à l’extrémité sud où a lieu chaque jour très tôt le matin une cérémonie similaire à celle que j’ai vu la veille au soir, dénommée Subah-e-Banaras. Il y a une petite plage de sable sur les bords du rivage.
Puis, je reviens vers mon auberge en passant par une rue commerçante et j’en profite pour faire des photos d’identité et changer des roupies indiennes en dollars afin de préparer mon prochain passage de frontière au Népal. Je vais également chez le coiffeur comme dans chaque pays et je fais recoudre mon sac de protection de casque de moto qui est bien pratique comme sac d’appoint depuis le début de mon voyage. Je trouve tous ces commerces assez facilement en me promenant dans la rue, c’est pratique et pas cher.


Ensuite, je me repose à l’auberge et je retourne aux ghats en fin d’après-midi. Il y a tellement d’animations sur les bords du Gange à Varanasi, on ne s’ennuie pas ! Cette fois-ci c’est une petite procession qui accompagne un couple de jeunes mariés avec des musiciens jouant du tambour et des membres de la famille ou des proches, majoritairement des femmes, qui dansent avec leurs saris colorés.

Puis, je fais un tour en bateau qui longe tous les ghats afin de pouvoir les observer avec plus de recul. Lors de la balade, je fais la rencontre de Rouble et Shikhar, deux sympathiques trentenaires indiens vivant à New Delhi et qui passent le week-end à Varanasi en profitant du jour férié de la veille, nous nous reverrons par hasard le lendemain.


Je retourne au Manikarnika ghat pour revoir les crémations en plein air et j’obtiens davantage d’informations sur cette cérémonie, notamment qu’il ne concerne pas les enfants, les femmes enceintes et les personnes décédées d’une morsure de serpents, ils sont coulés directement dans le fleuve avec des pierres. Également, le fils aîné se rase la tête et s’habille en blanc en signe de deuil.
Après avoir dîner, je rentre à mon auberge dans l’idée de me coucher tôt pour aller voir le lendemain la cérémonie du matin Subah-e-Banaras qui commence à cinq heures quinze au ghat Assi.
En prenant l’air sur la terrasse avant de retourner à mon lit, je rencontre deux jeunes indiens dénommés Shrenoy et Nikhil qui me proposent de me joindre à eux pour une cérémonie dans un temple hindou dédié à Krishna qui est un dieu très important dans cette ville et en Inde en général. J’hésite une seconde car je comptais aller me coucher mais j’accepte car c’est une belle occasion de découvrir davantage la religion hindoue et, en effet, je ne vais pas être déçu.
Nous nous faufilons à travers les rues étroites et légèrement sombres du vieux centre-ville puis nous arrivons au temple Vishalakshi qui est très sécurisé avec de hauts murs tout autour, des militaires et des fouilles à l’entrée, les téléphones portables sont interdits. Je ne pourrai donc pas vous partager de photos ni de vidéos, il faudra user de votre imagination avec ma description. Nous entrons dans l’enceinte et nous faisons le tour du temple puis nous suivons une file d’attente afin de passer au plus près du centre du temple. Je suis mes compagnons en observant les faits et gestes des personnes autour et je leur pose quelques questions sur l’hindouisme, nous recevons chacun un point de peinture sur le front de la part d’un prêtre.
Ensuite, nous parlons à l’oreille d’une statue de vache qui pourrait peut-être exaucer nos vœux donc je lui en chuchote un, on ne sait jamais…
Puis nous nous rapprochons du temple car la cérémonie commence, la foule entoure le temple en restant debout, des cloches sonnent, les gens commencent à chanter à l’unisson avec une forte intensité dans la voix, ils lèvent les mains puis tapent dans leurs mains et chantent à nouveau, parfois se répondant comme des chœurs. Leur ferveur est très impressionnante, ils sont presque en transe comme j’avais pu le voir par hasard dans une rue du quartier Old Delhi et, pourtant, ce ne sont pas des prêtres mais des gens ordinaires de tous âges, on sent que c’est important pour eux.
Puis, un passage est ouvert dans la foule pour un prêtre qui vient présenter un plateau en feux devant une statue de vache puis repart. Ensuite, de l’eau est projetée sur une partie de la foule qui lance des cris de joie et d’émotions, certains ont une expression du visage affichant le soulagement, une sorte de satisfaction comblée comme s’ils étaient bénis, je verrai la même expression sur le visage des femmes ayant pu s’approcher suffisamment près des grilles du centre du temple à tour de rôle.
Sur la fin de la cérémonie, les gens se bousculent en essayant de placer leur bras ou leur épaule devant le voisin afin de s’approcher au plus près du temple, pour ma part je reste en retrait. Puis, la cérémonie prend fin, nous restons encore un peu pour que Shrenoy et Nikhil puissent prier un peu puis nous rentrons. Sur le retour, ils me font goûter à quelques spécialités locales dans la rue, notamment le paan avec des sucreries et des épices roulées dans une feuille que l’on doit ingurgiter dans la bouche en une seule fois puis mâcher lentement. Il y a plein de saveurs différentes mais ce n’est pas trop de mon goût.
Je me couche un peu avant minuit, le réveil risque d’être compliqué !

Jour 133 (28/01/2023)
Le matin, ou plutôt la nuit, quand mon réveil sonne à cinq heures, je n’ai pas la force de me lever, je m’assoupis et me réveille quinze minutes plus tard alors que la cérémonie est sensée avoir déjà commencé et qu’il me faut une vingtaine de minutes à pied. Je me sens toujours fatigué et je me dis tant pis, c’est trop tard pour la cérémonie, je me rendors. Vers sept heures, je me réveille, je regarde par la fenêtre, il y a un grand ciel bleu donc cette fois-ci je me motive pour me promener sur les ghats afin de profiter de cette belle lumière de bon matin.
Il y a un beau soleil et des gens se baignent déjà, certains font des prières en étant assis tailleur avec un prêtre comme la veille et d’autres étendent du linge humide pour le faire sécher, le spectacle de Varanasi est toujours aussi beau.

J’arrive sur le lieu de la cérémonie Subah-e-Banaras au ghat Assi, c’est fini depuis longtemps et il n’y a plus grand monde mais je croise complètement par hasard Rouble et Shikhar que j’avais rencontrés la veille sur le tour en bateau. Eux aussi ont eu du mal à se lever mais ils sont venus finalement vers sept heures où il y avait de la musique et une séance d’initiation au yoga. C’est dommage, si j’avais su je me serais lever plus tôt. Ils m’invitent à prendre le petit déjeuner ensemble avec des petites galettes de pâte de riz que l’on trempe dans de la sauce un peu épicée et nous mangeons également une sorte de crêpe appelée Dosa.

Puis, nous échangeons nos contacts afin de nous donner rendez-vous plus tard dans la journée après nous être reposés chacun à notre hébergement. De retour à l’auberge, je croise Shrenoy qui s’est levé finalement vers cinq heures trente et a pu voir la fin de la cérémonie puis le lever du soleil. Il était passé dans ma chambre mais je dormais donc il était parti. Là, je me sens vraiment bête de ne pas avoir fait l’effort de me lever, je n’ai pas réfléchi que je pouvais ensuite me reposer dans la journée et que je n’aurais peut-être pas l’occasion de le faire si je pars demain tôt pour la suite du voyage. Ça me travaille comme souvent lorsque je rate une belle occasion et je cherche à trouver une solution logistique pour répondre à mon envie mais je n’en trouve pas à part rester un jour de plus. Je tente de me changer les idées en travaillant sur le blog et en discutant avec Nikhil et Shrenoy.
Ensuite, je leur propose de m’accompagner pour rejoindre Rouble et Shikhar avec qui nous prévoyons de visiter la ville de Sarnath, située à une dizaine de kilomètres, qui est un lieu saint du bouddhisme où le Bouddha donna ses premiers enseignements. Nikhil est intéressé tandis que Shrenoy y est déjà allé. Nous retrouvons Rouble et Shikhar et nous prenons ensemble un tuktuk où je prends le risque de sortir rapidement ma main de l’habitacle afin de prendre une photo souvenir.

Nous commençons par la visite d’un temple et de statues du Bouddha qui a été financé par la Thaïlande et nous croisons d’ailleurs de nombreux groupes de touristes asiatiques qui portent les mêmes vestes et chapeaux pour ne pas se perdre.
J’apprends que Buddha est né dans une ville située au Népal et qu’il a passé sa vie ensuite dans les territoires actuels du nord de l’Inde, puis le bouddhisme s’est diffusé en Asie orientale alors qu’il a perdu beaucoup d’influence en Inde et au Népal, supplanté par l’hindouisme mais aussi ayant subi les invasions musulmanes. D’ailleurs, pour les hindous, Buddha est une réincarnation du dieu Vishnu donc ils le prient et le considèrent comme un autre dieu hindou. Il y a également une immense statue du Buddha devant laquelle nous faisons une nouvelle photo de groupe.

Puis, le guide qui nous fait visiter le site nous emmène dans un magasin de saris qui sont fabriqués avec d’anciennes machines à filer. Ils ont une impressionnante diversité de motifs et de couleurs qui semblent tous de très bonne qualité, c’est très beau. J’hésite à en acheter mais cela m’alourdirait et surtout je me dis que finalement ce ne serait pas vraiment utilisé en France ou alors très occasionnellement. Shikhar, pour sa part, présente des saris à sa mère par appel vidéo et négocie ferme avec le vendeur qui reste impassible tandis que Shikhar lui pointe du doigt la moindre imperfection, c’est amusant.
Ensuite, nous visitons un musée d’archéologie qui a une riche collection de diverses statues bouddhistes et hindous ainsi que le célèbre chapiteau aux lions d’Ashoka, célèbre empereur de l’empire Maurya (voir l’article sur New Delhi), qui est l’emblème de l’Inde.
Nous terminons par la visite des ruines d’un immense ancien temple hindou où de nombreux fidèles bouddhistes viennent se recueillir et prier. Il reste un Stuppa haut de trente mètres qui a été érigé sous l’empereur Ashoka en mémoire de Bouddha.


Le soleil se couche, nous rentrons à Varanasi pour dîner ensemble au restaurant. En sortant dans la rue, nous tombons sur une procession hindoue qui passe juste devant nous avec, en tête du cortège, des musiciens qui battent du tambour puis un pickup avec le mannequin d’un dieu hindou et à sa suite une bande de jeunes qui dansent en gesticulant. On ne s’ennuie jamais à Varanasi !
Nous nous disons au revoir avec Rouble et Shikhar et nous rentrons à pied avec Nikhil en repassant par le ghat Manikarnika où ont lieu les crémations et qui est un des lieux les plus symboliques de Varanasi. Là aussi il y a une cérémonie dans un temple à proximité avec beaucoup de ferveur dans les chants des fidèles.

Nous restons un moment à observer les feux de bois la nuit et les gens autour qui se recueillent. Ce moment paisible est troublé par un évènement inattendu lorsqu’une sorte de prêtre en slip avec de la peinture ou de la cendre sur le visage et sur le corps corrige un jeune indien qui est fortement alcoolisé devant tout le monde. Le prêtre nous expliquera que c’est un lieu saint et que la consommation d’alcool sur ce lieu est une offense donc il souhaitait faire un exemple afin que cette situation ne se reproduise pas.
Sur le chemin du retour, il n’y a plus grand monde sur les ghats et de beaux éclairages mettent en valeur les anciens édifices qui sont bien entretenus. Nous reprenons un paan en guise de dessert avant d’aller nous coucher tôt car j’ai décidé d’aller assister au début de la cérémonie du matin vers cinq heures quinze avant d’aller prendre un train à sept heures quinze, le planning est serré !

Début du jour 134 (29/01/2023)
Cette fois-ci, j’ai mis mon réveil encore plus tôt à quatre heure trente et il m’est moins difficile de me lever que la veille car j’ai pu m’endormir tôt et je suis motivé pour voir la cérémonie Subah-e-Banaras au ghat Assi avant de quitter Varanasi. Le taxi que j’avais réservé la veille ne répond pas mais cela ne me dérange pas car finalement je préfère longer les ghats à pied une dernière fois.
Même à cette heure entre la nuit et le matin, il y a des gens qui se baignent ou qui prient, c’est impressionnant.
Par contre, la cérémonie prévue pour cinq heures quinze n’a toujours pas commencé et je comptais partir au plus tard à six heures pour prendre le train sachant qu’il me faut le temps d’acheter un billet. Je réfléchis, ce serait frustrant de partir maintenant mais je ne sais pas si j’ai d’autres solutions pour rejoindre la ville de Gaya plus tard dans la journée. Sur internet je n’avais trouvé qu’un seul train, il y a peut-être des bus mais on ne m’en a pas parlé quand j’ai voulu réserver auprès d’une agence de tourisme. L’heure tourne et la cérémonie n’a toujours pas débuté, la nuit est encore noire, j’hésite car si finalement je décide de ne pas prendre le train de sept heures quinze je pourrais assister à la cérémonie jusqu’au bout et même voir le lever du soleil que j’étais frustré d’avoir raté la veille. Je regarde la carte routière sur mon téléphone, peut-être que je pourrais trouver un bus qui me rapproche de Gaya et ensuite je prendrais un taxi ou je ferais du stop, clairement je ne me sens pas de partir avant la cérémonie, j’ai envie de profiter encore de Varanasi et de son environnement spirituel unique car ensuite je m’éloignerai de l’Inde pour rejoindre le Népal. Au pire, je resterai un jour de plus à Varanasi. C’est décidé, je reste jusqu’au lever du soleil!
La cérémonie est assez similaire à celle du début de soirée dans les gestes des prêtres et les objets utilisés avec notamment la lampe en forme de serpents sauf qu’il y a en plus des jeunes filles qui chantent. Il y a aussi moins de monde et cela permet d’avoir une meilleure vue d’ensemble et de pouvoir bien observer les gestes des prêtres.
Le ciel s’éclaircit peu à peu et nous terminons la cérémonie en nous rapprochant de la scène debout en formant un U derrière les prêtres et face au Gange. La foule lève les mains au ciel et prient en chantant puis c’est la fin, ceux qui le veulent peuvent s’approcher des plateaux où sont disposés les lampes enflammées pour y passer rapidement leurs mains et les apposer sur leur tête comme s’ils s’appropriaient une partie des flammes.
Ensuite, un groupe de deux musiciens prennent le relais à la flûte et au tambour tandis que le soleil rouge flamboyant apparait au-dessus du Gange et s’y reflète, c’est beau, je suis content d’être resté.



Vers sept heures je prends un taxi pour tenter ma chance à la gare de bus mais ils ne desservent pas cette destination et ils me disent d’aller à la gare. Heureusement, elle est juste à côté, je fais la queue au comptoir et j’indique ma destination sans trop de conviction mais on me dit qu’il y a un train pour Gaya qui part dans une heure, j’ai du mal à y croire et de plus le prix du billet est très bas, je le prends et nous verrons bien!
En fait, j’ai eu de la chance, le train prévu à sept heures quinze que je comptais prendre initialement a été retardé de plus de une heure trente ce qui me permet de l’avoir!!! Je suis trop content d’avoir pris cette décision de rester pour la cérémonie et le lever de soleil car sinon j’aurais attendu à la gare, bien sûr j’ai eu beaucoup de chance mais au pire je serais resté à Varanasi un jour de plus.
Ça y est je monte dans le train, c’est parti pour une nouvelle découverte !
Je suis curieux de savoir quel vœux tu as pu glisser dans l’oreille de la statue de vache?
J’espère que tout va bien et je suis content pour toi quand je lis que tu t’éclates bien à Varanasi 🙂